En 2023, 4 370 entreprises sont nées au Grand-Duché et 3 805 ont fermé. Près d'une créée sur deux ne passe pas le cap des cinq ans, et 84 % démarrent sans le moindre salarié. Ce tableau de bord assemble les séries du STATEC publiées sur data.public.lu (démographie des entreprises, survie des cohortes, formes juridiques, coût du travail, faillites) pour répondre à une seule question : que disent les données publiques sur la création d'entreprise au Luxembourg ?
Le flux d'entrées dépasse le flux de sorties presque chaque année : le stock d'entreprises actives (48 813 en 2023) progresse. La sortie reste large : en 2023, il s'est fermé 87 entreprises pour 100 créées. Attention aux niveaux récents : la refonte européenne du registre statistique (règlement EBS, appliqué à partir de 2021) provoque une rupture de série, et les comparaisons avec les années antérieures sont à manier avec prudence.
Sur 100 entreprises créées en 2022, 89 vivaient encore un an plus tard ; sur 100 créées en 2018, 55 étaient encore actives cinq ans plus tard. L'écart entre secteurs est large : le taux de survie à cinq ans le plus élevé est celui de Industrie (70,0 %), le plus bas celui de Transports & entreposage (48,5 %).
Chaque ligne est une cohorte différente (créées en 2018 à 2022), toutes observées la même année ; l'effet conjoncture se mêle à l'effet âge.
9 créations sur 10 sont tertiaires. Les deux premiers secteurs, Éducation, santé & autres services et Activités spécialisées & techniques, concentrent 48,9 % des créations de 2023. À droite, les taux de création et de disparition par secteur, en % du stock d'entreprises actives, et leur différence en points.
Prudence sur les extrêmes de 2023 : le solde le plus négatif (Finance & assurance, net -6,0 pt, taux de disparition 12,7 % contre 3,8 % un an plus tôt) peut refléter la rupture de série EBS : Eurostat signale une rupture pour le Luxembourg en 2022 et 2023 (bd_size, drapeau « b »).
En abscisse, la survie à cinq ans de la cohorte 2018 ; en ordonnée, le taux de création 2023, en % du stock. La taille des bulles : le nombre de créations 2023. Les pointillés : la moyenne nationale.
La Sàrl (y compris la Sàrl-S, capital social minimum de 1 euro selon guichet.lu) et l'entreprise individuelle représentent l'essentiel des créations.
des entreprises créées en 2023 n'ont aucun salarié au départ, et 98,7 % en ont moins de cinq. Créer seul est la norme, pas l'exception.
Effectif moyen des entreprises créées en 2018, à la naissance puis cinq ans plus tard (+84,1 % d'emplois de la cohorte, STATEC DF_D1307).
13,2 % des entreprises d'au moins 10 salariés sont « à forte croissance » (+10 %/an d'effectifs pendant 3 ans, STATEC DF_D1311).
Le coût employeur moyen (salaire brut + cotisations patronales) atteint 71 769 € par équivalent temps plein et par an tous secteurs confondus (enquête 2020), de 32 001 € (Horeca) à 132 495 € (Finance & assurance). Plancher légal : le salaire social minimum, indexé automatiquement.
Enquête quadriennale sur le coût de la main-d'œuvre (dernier millésime 2020, avant les indexations intervenues depuis).
Eurostat, lc_lci_lev (mise à jour du 2026-04-23) : coût horaire de la main-d'œuvre, économie marchande (NACE B à S hors O), euros par heure, estimation annuelle. Luxembourg : 50,9 € (2022) · 54,1 € (2023) · 54,9 € (2024) · 56,8 € (2025). Concept différent de l'enquête quadriennale par ETP ci-contre (niveau horaire, ensemble de l'économie) : les deux ne se convertissent pas l'un dans l'autre.
Le SSM est le plancher légal de toute embauche ; il suit l'échelle mobile des salaires (indexation automatique des salaires sur l'inflation). Cotisations patronales selon guichet.lu (consulté le 14.09.2026) : pension 8,00 %, assurance maladie 0,25 % + 2,80 % (taux au 01/11/2015), accident 0,75 %, santé au travail 0,14 %, plus la Mutualité des employeurs selon la classe de l'entreprise (0,72 % à 2,84 %). Elles sont comprises dans le coût par ETP ci-contre.
Les faillites judiciaires (sous-ensemble des cessations) sont la seule série disponible jusqu'en 2025. 1 153 faillites ont été prononcées en 2025, soit 44 % de plus que la moyenne des années 2000-2019 ; le point bas depuis 2016 date de 2017 (887). 297 des 1 153 faillites de 2025 concernent des sociétés holding et fonds de placement, exclues de la démographie des entreprises ; parmi les branches couvertes, Commerce & répar. auto (192), Construction (164), Horeca (119) en comptent le plus (STATEC, dashboard Faillites, situation au 13 juillet 2026).Par branche (DF_D1312, holdings et fonds de placement compris dans la finance), Commerce & répar. auto (192), Construction (164), Horeca (119) en comptent le plus.
Avant 2016, comptage à la publication au Mémorial ; depuis, au registre LBR : la comparaison avant/après est indicative. Les sociétés holding et fonds de placement (NACE 64.2 et 64.3) sont comptés par les tribunaux mais ne font pas partie de la population de la démographie des entreprises.
Janvier à juin 2026 : 567 faillites, contre 577 sur les mêmes mois de 2025, dont 150 sociétés holding et fonds de placement (STATEC, dashboard Faillites, situation au 13 juillet 2026).
Source : dashboard « Faillites et Liquidations » du STATEC (fichier D1309.xlsx, situation au 13 juillet 2026, chiffres provisoires révisés à chaque publication) ; dernier communiqué : STATEC, 17.07.2026.
Lecture au 24 septembre 2026 : les créations d'entreprises ont varié de -7,9 % en 2023 (STATEC DF_D1302, démographie 2023) ; 1 153 faillites ont été prononcées en 2025 (STATEC DF_D1312, situation au 13 juillet 2026), le record de la série restant celui de 2019 (1 232).
| Secteur | Actives | Créations | Part créations | Tx création | Tx disparition | Net | Survie 5 ans | Faillites 2025 | % actives 2024 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Éducation, santé & autres services | 7 667 | 1 081 | 24,7 % | 14,1 % | 8,3 % | +5,8 | 55,8 % | 46 | 0,5 % |
| Activités spécialisées & techniques | 11 005 | 1 058 | 24,2 % | 9,6 % | 7,8 % | +1,8 | 57,6 % | 111 | 1,0 % |
| Commerce & répar. auto | 7 876 | 559 | 12,8 % | 7,1 % | 7,9 % | -0,8 | 51,8 % | 192 | 2,5 % |
| Information & communication | 3 369 | 367 | 8,4 % | 10,9 % | 8,1 % | +2,8 | 51,4 % | 39 | 1,2 % |
| Construction | 4 967 | 306 | 7,0 % | 6,2 % | 6,6 % | -0,4 | 55,7 % | 164 | 3,5 % |
| Immobilier | 4 654 | 269 | 6,2 % | 5,8 % | 6,2 % | -0,4 | 54,6 % | 61 | 1,4 % |
| Services admin. & de soutien | 2 626 | 226 | 5,2 % | 8,6 % | 7,4 % | +1,2 | 61,7 % | 60 | 2,3 % |
| Horeca | 2 752 | 222 | 5,1 % | 8,1 % | 8,9 % | -0,8 | 57,2 % | 119 | 4,3 % |
| Finance & assurance | 1 721 | 116 | 2,7 % | 6,7 % | 12,7 % | -6,0 | 51,7 % | 17 +297 | 1,0 % |
| Transports & entreposage | 1 085 | 86 | 2,0 % | 7,9 % | 8,2 % | -0,3 | 48,5 % | 28 | 2,4 % |
| Industrie | 1 091 | 80 | 1,8 % | 7,3 % | 5,7 % | +1,6 | 70,0 % | 17 | 1,6 % |
Économie marchande hors agriculture, administration publique et associations. Faillites : branches NACE des tribunaux rapprochées des sections de la démographie ; la ligne éducation-santé-autres services reprend la branche 85-96 du dashboard Faillites du STATEC (D1309), identique au code S de DF_D1312 ; la finance exclut les sociétés holding et fonds de placement (64.2 et 64.3), hors champ de la démographie, comptés à part. « % actives » = ratio publié par le STATEC (faillites de l'année rapportées aux entreprises actives de l'année précédente) ; « · » : non publié. Taux de création/disparition = créations/cessations rapportées au stock d'actives ; net = différence, en points.
Deux analyses du STATEC complètent les séries ci-dessus : le Portrait chiffré des entreprises 2026 compare la survie à cinq ans de deux générations d'entreprises à dix ans d'écart, ce que DF_D1306 (cohortes 2018 à 2022) ne permet pas ; le rapport GEM Luxembourg 2025/2026 mesure l'entrepreneuriat dans la population adulte par enquête. Les chiffres sont repris tels que publiés, sans recalcul.
Construction : entre 104 et 200 faillites par an de 2010 à 2025, pic en 2024 ; la promotion immobilière représente 26 % des faillites du secteur en 2025. Âge : les sociétés de plus de cinq ans sont la classe la plus exposée (113 faillites en 2025) ; celles de 2 à 5 ans en représentent un tiers en 2025. Source : Portrait chiffré des entreprises 2026 (PDF), p. 14 pour la survie et p. 15-16, 17 pour les faillites ; « ≈ » = valeur donnée « environ » dans le texte.
Enquête auprès de la population adulte (GEM Adult Population Survey) : ces taux ne sont pas comparables aux comptages du registre ci-dessus, et les propriétaires d'une entreprise établie ne sont pas un stade ultérieur de la population TEA. Rang parmi 19 pays européens ; la part par nécessité est en % de la TEA. Source : GEM Luxembourg 2025/2026, Table 1.1, p. 18 du PDF.
Taux de création 2023 : 9,0 % du stock (STATEC DF_D1308). Survie à cinq ans de la cohorte 2018 : 55,3 % (DF_D1306). Effectif moyen de la cohorte 2018 : 1,0 salarié à la création, 2,9 cinq ans plus tard (DF_D1307).
En 2023 : 8 175 mouvements bruts (créations + cessations, STATEC DF_D1302 et DF_D1304) pour un solde net de +565 entreprises.
Éducation, santé & autres services (+5,8), Information & communication (+2,8), Activités spécialisées & techniques (+1,8), Industrie (+1,6), Services admin. & de soutien (+1,2) (taux de création moins taux de disparition, en points, STATEC DF_D1308). Secteurs cumulant un solde négatif et une survie à cinq ans inférieure à la moyenne nationale (55,3 %) : Transports & entreposage (48,5 %), Finance & assurance (51,7 %), Commerce & répar. auto (51,8 %), Immobilier (54,6 %).
Stock 2023, STATEC DF_D1301. Salaire social minimum qualifié : ≈ 39 907 € bruts par an (12 × 3 325,59 €, juin 2026), hors cotisations patronales ; coût moyen national par ETP : 71 769 € (enquête 2020, avant indexations).